jeudi 12 octobre 2006
Novembre à la librairie Violette and Co
Novembre à la librairie Violette and Co
102 rue de Charonne, 75011 Paris, M° Charonne ou Faidherbe-Chaligny. Bus 46, 56, 76, 86.
tél : 01 43 72 16 07 www.violetteandco.com/librairie/
Ouverture du mardi au samedi de 11h à 20h30 et le dimanche de 14h à 19h (fermée le lundi)
Pour toute communication avec la librairie, merci d'écrire à : violette@violetteandco.com
Pour vous désinscrire, envoyez en "répondre" ce programme en demandant de supprimer votre nom.
ATTENTION : Le catalogue sur notre site est momentanément inaccessible. N'hésitez pas à nous envoyer un mail ou nous téléphoner pour toute commande ou demande d'information.
INFO : Dans le cadre d'une soirée Thema, Arte diffuse le documentaire Judith Butler, philosophe en tout genre réalisé par Paule Zajdermann, vendredi 20 octobre à 23h50 (début de la soirée : 22h20). Une séquence a été filmée à Violette and Co lors de la rencontre avec Judith Butler à la librairie en juin dernier.
Ce mois-ci, Violette and Co vous signale quelques essais :
- VIRGINIE DESPENTES : King Kong Théorie (Grasset)
- ANDRÉ RAUCH : Histoire du premier sexe. De la révolution à nos jours (Hachette Pluriel)
- sous la direction de CATHERINE VIDAL : Féminin-Masculin. Mythes et idéologies (BELIN)
- réunis et présentés par MARIANNE CAMUS : Création au féminin, Vol.1 : Littérature et Vol.2 : Arts visuels (éditions universitaires de Dijon)
- Les Cahiers du genre Hors série : Féminisme(s) Recompositions et mutations (L'Harmattan)
- ANGELA DAVIS : Les goulags de la démocratie (Le Diable Vauvert)
... deux bandes dessinées : CHANTAL MONTELLIER, Sorcières, mes soeurs (La Boîte à bulles) et RALPH KÖNIG, Et en plus il est gaucher (Glénat)
... deux rééditions en anglais : Flying et Sita de KATE MILLETT
Rappel du programme d'octobre :
Mardi 10 octobre à 19h : Vernissage de l'exposition de photos d' ISABELLE THIBAULT et FRANÇOIS MAYU "Bidonvilles aux portes de Paris 2006". Le 17 octobre marque la Journée mondiale de refus de la misère. De l'autre côté du périphérique vivent des familles dans des bidonvilles dont nous ignorons jusqu'à l'existence, sans parler des conditions de vie. En majorité de nationalité roumaine, ces personnes la plupart du temps n'envisagent pas de retourner dans leur pays, même si "elles sont victimes d'une xénophobie qui se traduit dans les faits par des discriminations de tous ordres et des violences fréquentes et répétées" (Claire Auzias, historienne). Cette exposition est un témoignage apporté par deux bénévoles de l'association ATD Quart Monde qui chaque semaine, avec régularité, va à la rencontre des enfants et des adultes en bibliothèque de rue. Des portraits qui montrent des joies minuscules, des difficultés quotidiennes, du courage, de la dignité. Pendant le temps de l'exposition, Violette and Co accueille des ouvrages des éditions ATD Quart Monde. (exposition du 10 octobre au 5 novembre)
Vendredi 13 octobre à 19h : Dans le cadre de Lire en Fête, rencontre avec GISÈLE HALIMI à l'occasion de la parution de son roman La Kahina (Plon). Est-il besoin de présenter Gisèle Halimi, avocate, militante pour l'indépendance de l'Algérie, féministe, fondatrice du mouvement Choisir, députée, ambassadrice de France auprès de l'Unesco, observatrice judiciaire internationale, rapporteure de la Commission pour la parité ? Mais Gisèle Halimi est aussi romancière. Après le Lait de l'oranger, Fritna, l'Etrange M. K... voici un roman historique retraçant la vie de la reine de l'Aurès à la fin du VIIè siècle qui règne sur les tribus berbères juives de l'Afrique du nord. Veuve, elle dirige énergiquement son royaume et résiste à l'avancée des puissantes troupes arabes du chef de guerre Hassan. Une femme exceptionnelle et légendaire narrée par une conteuse passionnante. Une lecture par la comédienne ANNE-LAURE GRENON accompagnera la rencontre et un verre sera offert. Cette manifestation est soutenue par le Centre National du Livre.
Dimanche 15 octobre à 16h : Dans le cadre de Lire en Fête, hommage à JEAN GENET en présence d'ALBERT DICHY, directeur littéraire à l'IMEC et grand spécialiste de l'écrivain. Jean Genet (1910-1986), poète, romancier, dramaturge a dans tout son oeuvre magnifié et sublimé les réprouvés, les marginaux. Considérée comme sulfureuse, elle a été défendue par Cocteau et Sartre qui ont rapidement compris l'importance de cette oeuvre magistrale. Jean Genet s'est consacré au roman dans les années 40 (Notre-Dame-des-Fleurs, Journal du voleur, Querelle de Brest...), au théâtre dans les années 50 (les Bonnes, Haute surveillance, les Nègres...), puis à des engagements politiques dans les années 70 et 80. Enfant abandonné, voleur, mendiant, prostitué, homosexuel, il fut lui-même un marginal et a fait de sa vie la matière de sa création. Un metteur en scène viendra parler de la particularité de son écriture théatrale, et des lectures par les comédiens ROLAND GERVAIS et JEAN-CHRISTOPHE FOLLY accompagneront la rencontre. Sous réserve : présentation d'un extrait de l'unique film réalisé par Genet, Un chant d'amour. Une collation sera offerte à la fin de la rencontre. Cette manifestation est soutenue par le Centre National du Livre.
Vendredi 20 octobre à 19h : Rencontre avec HÉLÉNA MARIENSKÉ à l'occasion de la parution de son roman Rhésus (P.O.L). Six chapitres, six voix, à commencer par celle de Raphaëlle, octogénaire qui se retrouve contre son gré en maison de retraite. Dès les premières pages, c'est drôle et décapant. Le reste est à l'avenant dans ce tourbillon virtuose d'une histoire délirante, irrévérencieuse et subversive. Révolte des vieilles et des vieux contre la déchéance programmée, (re)découverte du sexe, particulièrement pour Raphaëlle dans les bras de la très lesbienne Céleste, tout en ne négligeant pas les avances du bel Hector. Et Rhésus dans tout ça ? Rhésus c'est un singe, un bonobo sans doute, qui non seulement trouve sa place parmi les pensionnaires, mais de plus provoque des réactions inattendues. Une nouvelle romancière à découvrir qui manie avec brio et érudition une plume insolente.
Mercredi 25 octobre à 19h : Rencontre avec LAURE MURAT pour la parution de son essai La loi du genre (Fayard). Déjà auteure de l'admirable Passage de l'Odéon et de La Maison du docteur Blanche, Laure Murat, historienne dont on apprécie la clarté de langage et le ton vivant, livre ici un travail sur "le troisième sexe" qui défierait la loi du genre. Au XIXè siècle, femmes viriles, hommes effeminés, androgynes, travesti-e-s... étaient désignés-es par cette _expression qui qualifiait également les femmes émancipées. Laure Murat a utilisé une large documentation : archives de la police, traités de sexologie, littérature, journaux. Elle a aussi analysé quelques parcours significatifs et les discours qui ont construit les notions de féminin et masculin. Un point de vue historique sur la construction des normes de genre.
Ajout au programme d'octobre :
Jeudi 26 octobre à 19h : A l'occasion de son premier passage à Paris, rencontre-signature avec ALISON BECHDEL pour la parution de son roman graphique Fun Home. Une tragicomédie familiale (Denoël Graphic). L'auteure des fameux "comic strips" Dykes to watch out for (10 albums publiés en anglais) s'est lancé avec éclat dans le roman graphique avec l'histoire de sa relation à son père au fil de son enfance et de son adolescence. Un père dont elle suppose qu'il s'est suicidé à l'âge de 44 ans et dont elle découvre l'homosexualité cachée. Alison Bechdel trace avec délicatesse et humour sa jeunesse et l'éveil de son propre lesbianisme liée à sa passion des livres qu'elle partageait avec son père. Comme toujours, scénario et dessins sont précis, expressifs, fourmillant de détails qui révèlent une atmosphère au delà de l'histoire. Fun Home a été publié en feuilleton cet été dans Libération et sera présenté en primeur à Violette and Co.
Samedi 28, dimanche 29 et lundi 30 octobre : Violette and Co tient une table de vente au Festival "Quand les lesbiennes se font du cinéma" organisé par l'association Cineffable. (infos : www.cineffable.fr). Comme chaque année, des signatures de livres auront lieu à notre table : samedi 28 à 14h : Alison Bechdel (avec une rencontre) pour Fun Home (Denoël Graphic) ; samedi 28 à 19h : Danièle Charest, Michèle Larrouy et (sous réserve) Jacqueline Julien, Michèle Causse et Françoise Leclère pour ... Disent-ils (Bagdam et AHLA) ; Dimanche 29 à 16h30 : Marie-Hélène Bourcier pour la réédition revue et augmentée de Queer Zone (1) (Amsterdam) ; lundi 30 à 15h : Stéphanie Arc pour Les Lesbiennes (Cavalier bleu)
Programme de novembre :
(La librairie reste ouverte les 1er et 11 novembre)
Mercredi 8 novembre à 19h : Rencontre avec FLORENCE MONTREYNAUD à l'occasion de la parution de son ouvrage L'aventure des femmes, XXè-XXIè siècle (Nathan). Après le monumental et indispensable XXè siècle des femmes (malheureusement épuisé), Florence Montreynaud nous offre un nouvel ouvrage de référence. De 1900 à 2006, elle retrace année après années, de façon toujours aussi passionnante, l'histoire des femmes qu'elles soient célèbres ou non. C'est souvent leur engagement pour l'égalité et la liberté qui les a mis sur le devant de la scène, du droit de vote au Prix Nobel.
Vendredi 10 novembre à 19h : Vernissage de l'exposition de photos d'HÉLÈNE EPAUD, "Tamponnées". "Une série étonnante et colorée, l'exploration d'un objet féminin et inattendu. Tout ce qui coupe, fend, coud est là, tout ce qui maquille aussi : un défilé de peits dandys fin prêts pour la parade en s'amusant au catalogue des vanités". Brefs vos tampons font dans l'abstraction, comme vous ne les avez jamais vus ! C'est drôle et poétique, surprenant. Une exposition sélectionnée pour le Mois de la Photo-Off.
Vendredi 17 novembre à 19h : Rencontre avec MISSTIC pour la parution de son nouveau livre Parisienne (Alternatives). MissTic, artiste et poète, que nous avions reçue en janvier dernier vient à nouveau nous rendre visite. Depuis des années ses créations graphiques et aphorismes font corps avec Paris. Vous avez sans doute vu cette silhouette si parisienne sur les murs de la Capitale qui interpelle le passant : "Je prête à rire mais je donne à penser", "La poésie est un sport de l'extrême", "Créer c'est résister", "Trop heureuse pour être peureuse"...
Mercredi 22 novembre à 19h : Rencontre avec MARIE-HÉLÈNE BOURCIER pour la réédition revue et augmentée de Queer Zones (Amsterdam). Publié pour la première fois en 2001 et resté épuisé pendant longtemps, cet essai détonnant, stimulant, provocant qui a pour sous-titre Politique des identités sexuelles et des savoirs a ouvert l'espace théorique queer en France. Il met notamment en évidence l'apport des cultures trans, butch et SM à une réflexion sur la déconstruction des genres. Cette nouvelle édition comprend trois essais inédits sur "le devenir femme" de Deleuze, l'utopie sexuelle urbaine de Gayle Rubin et la post-pornographie selon Annie Sprinckle.
Samedi 25 novembre à 18h : Rencontre avec ALEXANDRA AUGST-MERELLE et STÉPHANIE NICOT pour la parution de leur essai Changer de sexe. Identités transexuelles (Le Cavalier bleu, péfacé par Martin Winckler). Les deux auteures, fondatrices de l'association Trans Aide en 2004 s'attachent à faire la peau aux préjugés concernant les personnes trans : "Les trans souffrent beaucoup", "L'opération est une mutilation nécessaire", "Ce sont des hommes qui veulent devenir des femmes", "C'est pas leur faute, c'est la nature". Elles nous parlent de la communauté trans dans toute sa diversité en luttant contre les mythes qui s'y attachent.
Déjà une date en décembre :
Vendredi 8 décembre à 19h : Rencontre avec CLÉMENTINE AUTAIN et ANNE DELABRE pour la parution de Clémentine Autain, portrait.
Sculptures erotiques de Leigh Heppell

Sculptures érotiques de Leigh Heppell.
Le blog hot Unscathed Corpse a déniché dans ses voyages de part en part sur le ouaib des scultptures érotiques en métal faites à la main par l'artiste britannique Leigh Heppell. Les scènes sont orientées sur l'intimité féminine, des ébats en couple, la nudité avec aussi un univers fetish développé (bondage, bdsm...). Ces sculptures érotiques explicites sont sexy et sensuelles et se font belles sur le site ouaib de Leigh Heppell. Chaque pièce est éditée en édition limitée. Source : http://touchesexy.blogs.com
mercredi 11 octobre 2006
Selection littéraire fémine
Livraison gratuite à partir de 20 euros d'achat et livraison en 48h
dimanche 8 octobre 2006
JT Leroy n'existe plus, vive Laura Albert !
L'histoire littéraire regorge de mystifications, celle autour de JT
Leroy n'a à présent presque plus de secrets. Laura Albert dévoile dans
la dernière édition du magazine littéraire américain Paris Review
comment elle a créé le personnage de JT Leroy. Héros queer célébré par
de nombreux artistes (Gus Van Sant, Asia Argento, Courtney Love, Bruce
Benderson parmi les nombreux admirateurs de son œuvre), le personnage
fictif JT Leroy aurait été inspiré par la vraie vie de Laura Albert. «J'ai eu l'idée d'inventer JT Leroy alors que j'étais sous thérapie», a déclaré Laura Albert à Paris Review.
Laura Albert âgée de 40 ans semble avoir multiplié les expériences
douloureuses, dans sa jeunesse, à Brooklyn. Le style de l'œuvre de JT
Leroy avait été unanimement reconnu pour son authenticité et pour la
description très crue de la vie quotidienne d'un jeune prostitué. Laura
Albert présente ses excuses à ceux qu'elle a trompés et espère que la
vérité dévoilée sur son âge et son identité ne «dévalueront pas son travail littéraire». Elle s'est déclarée lors d'une conférence à San Francisco fin septembre «fière de son travail, JT Leroy a sauvé ma vie et celle d'autres personnes».
Violemment critiqué un temps, Laura Albert semble avoir regagné un
certain intérêt médiatique et social. L'histoire de la mystification
est devenu un objet d'études. De nombreux journalistes et
universitaires s'intéressent à la création du personnage et de ce que
révèle la mystification JT Leroy sur l'appétit des médias et des
artistes pour cet adolescent prostitué qui a réussi à vivre plus de dix
ans dans l'imaginaire de milliers de personnes dans le monde. Source : Têtu
samedi 16 septembre 2006
Un peu de musique
dimanche 3 septembre 2006
Mort de l'artiste lesbienne Tee Corinne

Linda Tee Cutchin est morte le 27 août dernier dans l'Oregon. Elle
était âgée de 66 ans. Connue sous le nom de Tee Corinne, elle était
l'une des artistes lesbiennes les plus connues aux États-Unis pour ses
différents travaux sur l'érotisme lesbien. Militante infatigable de la
cause lesbienne, elle voyait en son œuvre érotique une aide pour rendre
les lesbiennes plus fortes. Tee Corinne aimait varier les
représentations de son talent: de la poésie à la peinture sans oublier
la photographie, elle ne s'est jamais contentée d'une seule discipline.
Une de ses œuvres les plus connues est le livre Cunt Coloring Book paru
en 1975. Tee Corinne a dû faire face de nombreuses fois à la censure,
comme avec Yantras of Womanlove, un des premiers livres lesbiens
érotiques, sorti en 1982. À l'époque, Tee Corinne a eu beaucoup de mal
à trouver un imprimeur pour cet ouvrage qui représentait des femmes de
tout type et est à présent reconnu comme une œuvre queer essentielle.
Le livre fut même saisi en Nouvelle-Zélande. Moonforce Media a créé en
sa mémoire le Tee Corinne Prize, qui récompense une lesbienne du monde
de l'art. source :têtu
http://www.cla.purdue.edu/waaw/Corinne/CorinneGal.html
http://www.queer-arts.org/
.
lundi 28 août 2006
«Samantha Oups», nouvelle égérie des enfants
| «Samantha Oups», nouvelle égérie des enfants |
Et de trois pour les premiers héros queer de la télé
française! Le duo improbable de «Samantha Oups» rempile pour une troisième
saison inédite, après deux saisons triomphales de la série humoristique à succès
(les DVD s'arrachent et des nuits Samantha sont organisées en France). La blonde
Samantha, qui a hérité d'un gîte rural, et sa copine Chantal sont parties vivre
à la campagne, où elles côtoient d'autres personnages, comme le facteur du
village. Les nouvelles aventures des deux farfelues seront diffusées du lundi au
samedi à 19h50, à partir du 4 septembre. Deux épisodes passeront le samedi matin
dans «KD2A». Oui, une émission pour enfants…
Photo France 2. Source : Têtu
vendredi 18 août 2006
«60% des lesbiennes ont expérimenté la lesbophobie.»
Entretien avec Nadine Cadiou, référente de la commission lesbophobie de SOS Homophobie, de 2003 à juin 2006.
L'association SOS Homophobie a été créée en 1994. La commission «lesbophobie» existe-t-elle depuis le début? La
commission «lesbophobie» est née en 2003. L'association était alors
majoritairement masculine et les aspects spécifiques des
discriminations et violences faites aux lesbiennes, même s'ils étaient
abordés depuis la création de l'association, étaient très
insuffisamment pris en compte. La plupart des commissions ou groupes de
travail ne comptaient pas de femmes parmi leurs membres. La mixité de
l'association était menacée. Il fallait réagir à ce manque de présence
des femmes et en 2003, nous avons organisé un recrutement pour rétablir
la mixité au sein de toutes les commissions: plus d'une dizaine de
militantes nous ont alors rejoints. Il y a donc eu davantage de
lesbiennes à l'écoute, d'autres pour intervenir dans les écoles,
d'autres encore pour travailler sur le Rapport annuel de l'association.
Et nous avons pu créer la commission «lesbophobie» pour étudier ce
qu'est la lesbophobie et ses spécificités par rapport à la gayphobie.
C'est vrai que nous recevons sur la ligne et par mail de plus en plus
de témoignages: nous sommes passés de 365 messages reçus en 1997 à
1.212 en 2005! Mais en pourcentage, la répartition entre les appels des
gays et ceux des lesbiennes reste sensiblement constante: sur cinq
appels, un seul provient d'une femme. La lesbophobie n'est pourtant pas
un phénomène marginal et c'est ce que nous révèle, entre autres,
l'enquête réalisée en 2004 par la commission «lesbophobie»: les
lesbiennes sont plus de 60% à avoir rencontré des épisodes lesbophobes
au cours de leur vie.
Pourquoi avoir tenu à monter un pôle indépendant dédié aux lesbiennes? La
commission «lesbophobie» n'est pas un pôle indépendant «dédié» aux
lesbiennes à SOS Homophobie. Nous n'avons pas souhaité travailler de
façon dissociée des autres pôles de l'association, considérant que
nous, lesbiennes, y avons toute notre place. Nous avons besoin, au
contraire, les uns des autres. S'il est vrai que nos problématiques
sont souvent différentes de celles des gays, nous pouvons aussi nous
rejoindre dans bien des domaines et, à mon avis, l'union fait la force.
À SOS Homophobie, nous disposons à la fois de l'expérience d'une ligne
d'écoute de plus de 10 années d'existence, d'un cadre de travail
respectueux, dynamique et d'un fonctionnement démocratique. Pour
élaborer notre questionnaire nous sommes partis de notre expérience de
l'écoute, identifiant les contextes et les manifestations. La
commission «intervention en milieu scolaire» (IMS) nous a permis
d'identifier les problèmes rencontrés par les lesbiennes dans le
contexte de l'école, qu'elles soient élèves, étudiantes ou
enseignantes. Pour communiquer sur l'enquête nous nous sommes appuyés
sur la commission «communication». Le Rapport annuel nous a fourni un
espace de communication supplémentaire. On reproche volontiers à la
commission «lesbophobie» de ne pas être une structure autonome et non
mixte. Que l'on soit lesbienne, gay, bi, trans ou hétéro, on peut
militer dans la commission «lesbophobie»: seul compte l'investissement
personnel au sein du groupe.
Pourquoi, selon vous, les lesbiennes témoignent-elles moins que les gays? Cela rejoint le long parcours de silence qui a été imposé aux femmes au long des siècles. Je vous renvoie à la lecture d'Ainsi soit elle,
de Benoîte Groult. Une longue histoire faite de non-reconnaissance,
d'impossibilité à dire, de droits non ou difficilement reconnus. Les
choses évoluent, certes, mais la prise de parole n'est toujours pas,
pour les femmes, une chose évidente, quand elle n'est pas tout
simplement dévalorisée ou ridiculisée. Aujourd'hui encore, qu'une
femme puisse avoir des prétentions politiques reste pour beaucoup
terriblement agaçant et malvenu. Quasi illégitime! À ce sexisme bien
encré dans les mœurs françaises et dont toutes les femmes font les
frais, il faut, chez les lesbiennes, ajouter une discrimination
supplémentaire: l'homophobie. Ces deux discriminations conjuguées
rendent l'expression très difficile.
Dans quel contexte la lesbophobie frappe t-elle le plus? Nous
avons, pour répondre à cette question, deux sources différentes de
données, qui se rejoignent dans leurs conclusions. D'une part, les
témoignages provenant de la ligne d'écoute et du site Web de
l'association, dont les chiffres sont repris dans le rapport annuel
2006. Les contextes «travail» (cité dans 24% des témoignages des
lesbiennes en 2005) et «famille» (23%) y arrivent en tête en matière de
lesbophobie. L'autre source de données est l'enquête sur la
lesbophobie, menée en 2003-2004 et qui a recueilli environ 1.800
réponses. Là, c'est le contexte de la «vie quotidienne» qui arrive en
premier avec 45% des réponses, suivi de près par la «famille» avec 44%.
Le milieu du travail n'arrive qu'ensuite, cité dans 24% des réponses.
Cette prépondérance des chiffres relatifs à la «vie quotidienne» dans
l'enquête s'explique par une autre répartition des items dans les
rubriques du rapport annuel (on a regroupé dans l'enquête des thèmes
qui sont dissociés dans le rapport annuel).
En comparant les
chiffres globaux de la ligne d'écoute et du site Web (témoignages
confondus des lesbiennes et des gays) avec les témoignages des
lesbiennes exclusivement, on voit la spécificité de la lesbophobie par
rapport à la gayphobie. Chaque année nous faisons le même constat: la
famille reste un théâtre privilégié des manifestations de lesbophobie.
Elle représente 9% des témoignages globaux en 2005, et passe à 23%
quand on ne garde que les témoignages des lesbiennes. Le milieu
professionnel est également un lieu important de manifestation
lesbophobe, mais dans des proportions moindres toutefois: sur
l'ensemble des témoignages, le travail représente 21% des appels et
mails, alors qu'il est cité dans 24% des témoignages des lesbiennes.
Que conseilleriez-vous à une femme qui subit régulièrement des attaques homophobes dans son entourage? Le
silence ne protège que les homophobes. Quel soutien peut attendre une
personne qui ne dit rien de ce qu'elle subit? Le milieu familial qui se
devrait protecteur est dans ce cas précis à l'origine du problème.
Dire, c'est déjà faire une première démarche, et peut, par exemple, se
concrétiser par un appel sur la ligne d'écoute de SOS Homophobie.
Parler, c'est déjà engager une démarche positive. À SOS Homophobie,
nous préférons ne pas donner de conseils à proprement parler. Pour
celles qui rencontrent des problèmes avec leur entourage, c'est très
difficile: on peut porter plainte contre un voisin, mais contre son
père ou sa mère, c'est autre chose. Chaque cas est particulier, il n'y
a pas de réponse toute faite. C'est une femme dont l'ex-mari fait tout
ce qu'il peut pour qu'elle perde la garde des enfants… C'est une
adolescente que les parents séquestrent… Une femme que la famille
harcèle ou agresse physiquement… Une jeune lesbienne qui se retrouve
sans ressource… Il n'y a pas de réponse unique, on envisage avec la
personne qui nous appelle toutes les pistes. On écoute beaucoup. Pour
certaines, parler, c'est, sur le moment, le maximum qu'elles puissent
envisager.
Quels sont vos projets d'actions pour les mois à venir?
Grâce à l'enquête, nous avons clairement identifié des contextes où la
lesbophobie est présente. Nous sommes en train de mettre en place des
actions de terrain. Ainsi, l'enquête a identifié les problèmes que
rencontrent les lesbiennes avec les gynécologues: refus de soins,
mépris, déni, moqueries, absence de prise en compte des sexualités des
lesbiennes. Nous avons donc pris contact avec des professionnels de
l'action sociale pour que les lesbiennes soient elles aussi soignées et
suivies, sans discrimination aucune.
Comment peut-on vous contacter? C'est très simple, en appelant la ligne d'écoute au 0810-108-135.
Photo DR
Copyright tetu.com
vendredi 21 juillet 2006
UK :Le tribunal où Oscar Wilde fut inculpé devient un hôtel
C'est une page historique qui se tourne. L'une des
stations du chemin de croix d'Oscar Wilde a fermé ses portes définitivement
vendredi 14 juillet: le tribunal de Bow Street, à Londres, où Wilde fut inculpé
pour «actes indécents et sodomie» en avril 1895, a été vendu et sera transformé
en hôtel. L'auteur de L'Importance d'être
constant et du Portrait de Dorian
Gray avait été écroué dans les cellules du tribunal, situé près de Covent
Garden, après l'échec de son procès pour diffamation contre le marquis de
Queensberry, le père de son amant Lord Alfred «Bosie» Douglas. Wilde comparut
trois fois à Bow Street, le 6, 11 et 18 avril. Pendant ces trois audiences,
nombreux furent les témoignages contre Wilde, parmi lesquels ceux des employés
d'un hôtel où l'auteur aurait couché avec des garçons, ainsi que ceux de jeunes
hommes du petit «monde» fréquenté par l'écrivain et dont l'honnêteté était fort
douteuse. Wilde fut ensuite transféré à la prison de Holloway, dans le nord de
Londres, et son procès pour sodomie commença à la cour d'Old Bailey le 26 avril.
Les jurés ne réussirent pas à se mettre d'accord sur le verdict, et un deuxième
procès eut lieu en mai, à la fin duquel Wilde fut condamné à deux ans de
prison. Source: têtu
lundi 12 juin 2006
la librairie Violette and Co
L'été à la librairie Violette and Co
102 rue de Charonne, 75011 Paris, M° Charonne ou Faidherbe-Chaligny. Bus 46, 56, 76, 86.
tél : 01 43 72 16 07 www.violetteandco.com/librairie/
Ouverture du mardi au samedi de 11h à 20h30 et le dimanche de 14h à 19h (fermée le lundi)
Pour toute communication avec la librairie, merci d'écrire à :
violette@violetteandco.com
Pour vous désinscrire de cette liste, envoyez en "répondre" ce programme en demandant de supprimer votre nom.
Rappel de juin :
Mercredi 14 juin à 19h : Rencontre avec NICOLE BROSSARD pour la présentation de l'anthologie qu'elle a coordonnée, Baiser vertige. Prose et poésie gaies et lesbiennes au Québec (Hexagone), qui réunit pour la première fois 14 écrivaines lesbiennes et 15 écrivains gais. Poésie et prose font écho aux amours et à la solitude gaies, à la révolte et aux rêves lesbiens. Les auteurs donnent à lire, dans un croisement d'époques et de générations, l'enfance, le plaisir, le désir et la perte. Baiser vertige présente des textes, entre autres, de Anne-Marie Alonzo, Louky Bersianik, Marie-Claire Blais, Nicole Brossard, Gaëtan Dostie, Gloria Escomel, Robert Fortin, André Roy, Pierre Salducci, Pierre Samson, Gail Scott, Michel Tremblay, Marc Vaillancourt... Une excellente manière de (re)découvrir une part importante de la littérature québécoise.
Vendredi 16 juin à 19h : Rencontre avec JOËLLE WINTREBERT autour de son roman historique Les Amazones de Bohème (Robert Laffont). Lecture par l'auteure. Au VIIIè siècle, en Bohème, la princesse Libuse crée le scandale. Révolutionnaire, visionnaire, elle va non seulement abolir l'esclavage et imposer l'égalité entre les sexes, mais aussi s'entourer d'une garde de femmes, les Amazones, guidées par la redoutable Wlasta. Quand Libuse meurt, les intrigues vont se déchaîner et Wlasta n'hésitera pas à créer un état indépendant où les femmes sont libres de leurs vies et de leurs amours. Jusqu'à quand ? J. Wintrebert, également auteure de romans et de nouvelles d'anticipation (les Olympiades truquées, Pollen...) souvent récompensés, a mené une véritable enquête pour retrouver des traces de cette époque qui a vu Charlemagne tenter de christianiser par la force les pays voisins. Une époque sanglante racontée d'une plume épique et sensuelle.
Mercredi 21 juin à 19h : Vernissage de l'exposition de peinture de STANNE "Les Elles du désir". Toute l'oeuvre de Stanne s'inscrit dans une démarche unique : représenter les désirs. Engagée dans la lutte contre l'intolérance et l'homophobie, l'artiste utilise les anges comme support d'un amour dont le sexe est indifférencié. Les ailes du désir sont celles sur lesquels beaucoup d'entre nous aimeraient se laisser porter et emporter vers d'autres cieux plus cléments où toutes les formes de discriminations seraient exclues. Cette oeuvre se décline dans toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Et comme c'est la fête de la musique, le groupe pop rock accoustique ROSEMARY jouera pendant le vernissage.
Jeudi 22 juin à 11h : L'association GAMS (Groupe pour l'abolition des mutilations sexuelles) organise une conférence de presse à la librairie Violette and Co pour présenter son ouvrage de textes et de photos Nos filles ne seront pas exisées. Infos : association.gams@wanadoo.fr
Vendredi 23 juin à 19h : Rencontre avec FRANÇOIS LEPERLIER pour la nouvelle édition de sa biographie sur CLAUDE CAHUN : Claude Cahun, l'exotisme intérieur (Fayard). Cette biographie a été amplement revue et considérablement augmentée. L'une des artistes les plus importantes du XXè siècle, Claude Cahun (1894-1954) était photographe et écrivaine. Ses photos sont souvent des autoportraits, des montages, de la mise en scène d'objets où elle a largement anticipé la recherche actuelle sur les thèmes de l'art corporel, du travestissement, de l'ambigüité sexuelle. Les Ecrits de Claude Cahun ont été rassemblés en un volume en 2002 aux éditions Jean-Michel Place, préfacés et annotés par François Leperlier. En même temps que sa biographie, est republié Héroïnes (paru en 1925), recueil de sept courts textes savoureux, subversifs, ironiques sur des figures de femmes légendaires, détournées de leur représentation traditionelle telles que Judith, Salomé, Sapho, Cendrillon, Marie... Lecture par la comédienne NICOLE DOGUÉ
Programme de juillet :
Jeudi 6 juillet à 19h : Rencontre avec STÉPHANIE ARC pour la parution de son livre Les Lesbiennes (Le Cavalier bleu, collection "Idées reçues"). La collection "Idées reçues" propose à partir d'un certain nombre de clichés des analyses synthétiques sur un sujet donné. Stéphanie Arc, diplômée de philosophie morale et politique, s'attaque ici aux idées reçues sur les lesbiennes. "Ce sont des garçons manqués", Entre femmes ce n'est pas vraiment du sexe", "L'homosexualité féminine est mieux acceptée que l'homosexualité masculine", etc. Stéphanie Arc explique l'origine de ces idées et fait un point clair et pertinent en exposant différents points de vues.
Vendredi 14 juillet de 10h à 17h : Pour la troisième année, Violette and Co participe à l'Incroyable Rallye : un jeu de piste géant avec 150 équipes qu!i sillonnent le XIè arrondissement à pied, en trottinette, à vélo ou en bus, munis de leur carnet de voyage à la recherche d'indices pour résoudre des énigmes et découvrir le Paris secret et étonnant ! Violette and Co est une étape de ce rallye qui a cette année pour thème "Curieux de nature". Renseignements et inscriptions (à partir du 15 juin) : www.incroyablerallye2006.fr ; 01 53 47 11 00 ; incroyablerallye@hotmail.fr
La librairie sera fermée du lundi 31 juillet au mercredi 16 août. Réouverture le jeudi 17 août. Nous vous souhaitons un bel été !




