mardi 31 mai 2005
La Belgique s’ouvre à l’adoption
La Belgique s’ouvre à l’adoption
D’ici quelques semaines, la Belgique reconnaîtra légalement l’adoption par les couples de même sexe. Députée fédérale (PS) belge, Marie-Claire Lambert, une des principales rédactrices de la future loi, présente son projet.
La Belgique sera le deuxième pays au monde à autoriser l’adoption par les couples de même sexe. En quoi est-ce important ?
Cela est important en ce sens que la loi belge acquiert une valeur exemplative pour les autres Etats qui hésitent encore à franchir ce cap. La loi belge permet aussi de dépasser l’hypocrisie de ceux qui refusent de voir la réalité en face : même si la famille nucléaire reste le modèle de référence, nul ne peut plus ignorer que bon nombre d’enfants vivent d’autres modèles familiaux. En Belgique comme ailleurs, des enfants sont déjà élevés par des couples d’homosexuel(le)s et les gays et les lesbiennes font de très bons parents.
Quels droits nouveaux la nouvelle loi va-t-elle donner ?
La loi va permettre l’adoption d’enfants par des personnes de même sexe. Nous allons faire disparaître du Code civil les entraves qui existent actuellement et qui empêchent ce genre d’adoption. En outre, la proposition socialiste va plus loin car elle permet l’adoption internationale. Enfin, la loi va donner un lien juridique, créer une parentalité sociale pour les conjoints de même sexe qui élèvent déjà des enfants issus de mariages hétérosexuels précédents.
Selon vous, quelle serait la date d’entrée en vigueur de la loi ?
La proposition de loi socialiste autorisant l’adoption par des personnes de même sexe, dès qu’elle sera votée, deviendra effective le jour de l’entrée en vigueur d’une autre loi, déjà votée, et qui réforme l’adoption. Si tout va bien, cela pourrait être en septembre de cette année.
Cette loi a-t-elle été difficile à faire adopter ? Quels ont été les principaux obstacles ?
Et bien tout d’abord, la proposition est toujours en discussion à la Commission Justice de la Chambre. Des auditions d’experts et de juristes ont déjà eu lieu. Elles n’ont pas démontré que l’adoption par des gays et des lesbiennes aurait une incidence négative sur le développement de l’enfant, bien au contraire. Évidemment, les milieux conservateurs habituels se sont exprimés sur le sujet (dans la presse notamment), mais cela ne devrait pas empêcher le vote de ce texte. Il existe une sorte d’accord tacite entre les partis progressistes représentés au Parlement fédéral pour voter rapidement cette loi ainsi qu’un engagement clair du Parti Socialiste.
Vu de France, il est assez surprenant que sur cette question, souvent controversée, les débats en Belgique aient semblé apaisés comme s’il existait un consensus pour, après le mariage homosexuel, ouvrir ce nouveau droit. Comment l’expliquez-vous ?
Je pense que l’extension du mariage aux gays et aux lesbiennes a servi de déclencheur et a fait évoluer les mentalités. C’était d’ailleurs l’un des objectifs de cette avancée législative, en plus de permettre une égalité des droits entre hétéros et homos. En outre, la loi belge qui permettait le mariage homosexuel tout en interdisant l’adoption n’était pas tenable à long terme : il s’agissait d’une étape nécessaire le temps d’arriver à un consensus politique. Il me semble maintenant que ce consensus est atteint, l’extrême droite mise à part, et que le monde politique belge est prêt à aller de l’avant et à voter l’adoption par les couples homosexuels.
Vous êtes la principale rédactrice d’une nouvelle proposition de loi sur l’homophobie. Quel en est l’objet ?
La proposition de résolution que j’ai déposée avec trois collègues socialistes vise, à l’instar de l’appel de Louis-Georges Tin, le fondateur de la Journée Mondiale du même nom, a créer en Belgique une Journée nationale de lutte contre l’homophobie, le 17 mai de chaque année et à la faire soutenir par les pouvoirs publics. Cette résolution a été votée cette semaine à la Chambre, c’est un grand succès. Dans les jours qui viennent, le Ministre fédéral de l’Égalité des Chances, socialiste lui aussi, va prendre un Arrêté royal qui officialise la Journée. La Belgique est désormais le premier État de l’Union Européenne et le deuxième au monde après le Canada, à avoir décrété le 17 mai comme Journée Nationale de Lutte contre l’Homophobie.
source : e-llico
lundi 30 mai 2005
Référendum sur la Constitution européenne: Premières réactions chez les homos
Au lendemain de
la victoire du Non, voici quelques réactions face à ce résultat. Pour
Alain Piriou, de l'Inter-LGBT, la déception est forte. «Le
constat que l'on peut faire, c'est qu'au premier janvier 2006, ou plus
tard, si le processus de ratification n'est pas terminé, la Charte des
droits fondamentaux, la loi transversale contre les discriminations,
bref tous les outils nouveaux proposés par le traités ne s'appliqueront
pas. Résultat: il n'y a rien de nouveau à attendre de l'Europe
[concernant les droits des gays et des lesbiennes].» Et il s'interroge sur la manière dont les discussions européennes entre réseaux LGBT vont se poursuivre. «En
octobre, la France accueillera la conférence de l'ILGA Europe, où les
pays entrant seront très bien représentés. Je souhaite bien du courage
à celles et ceux qui se sont engagés en faveur du non pour expliquer
tout le bien qui va découler de ce vote. Pour ma part, j'en suis
incapable. À l'avenir, il va falloir se bagarrer pour la Charte des
droits fondamentaux. Pour qu'au moins, on arrive à sauver cela.» Son de cloche bien différent pour Xavier Prieur des Panthères roses, pour qui ce vote représente «quelque
chose de très positif. Cela a été l'expression d'un nouveau mouvement
de gauche anti-libérale et attaché au système des solidarités
collectives telles que nous l'expliquions dans notre pétition. Ce vote
majoritairement de gauche est un signe lancé à la gauche qui a été au
gouvernement et qui a fait des concessions au libéralisme. Elle doit
maintenant s'interroger. C'est en tout cas un énorme espoir de la
gauche radicale en Europe. Et cela nous semble indispensable que les
militants LGBT participent à cette reconstruction.» Le collectif Warning se réjouit également du rejet du traité constitutionnel, qu'il jugeait «dangereux pour les libertés et les droits sociaux des personnes séropositives et des LGBT».
Source : Têtu
Capleton : Delanöe demande l’annulation du concert parisien

Le concert du chanteur
de reggae jamaïcain homophobe Capleton prévu le 23 juin à la
Coopérative de mai à Clermont-Ferrand, est annulé, a annoncé vendredi
la salle de spectacles. Idem au festival Art Rock à Saint-Brieuc.
Ces nouvelles annulations interviennent après celles des concerts à Toulouse, Lille et Reims.
Reste Paris. Le maire, Bertrand Delanöe a écrit à Daniel Colling, le
directeur de la salle du Zénith, pour lui demander d’annuler lui aussi
le concert prévu.
Dans son courrier, le maire insiste sur le fait que les propos des
chansons de Capleton constituent "désormais un délit passible de
poursuites pénales aussi bien pour leurs auteurs que pour ceux qui
favorisent leur diffusion, en application d’amendements législatifs
contre l’homophobie adoptés au Parlement".
"Je vous saurais gré de bien vouloir réétudier la programmation du
concert prévu le 26 juin, au lendemain même de la grande manifestation
parisienne de la Marche des Fiertés", écrit Bertrand Delanöe au
directeur de la salle parisienne.
Source : E-llico
Premier défilé gay à Bucarest
Le premier défilé gay
organisé en Roumanie a rassemblé plus de cinq cents personnes samedi
dans le centre de Bucarest, sous la surveillance de près de 200
policiers nerveux et agressifs.
Sous une banderole indiquant "dans la rue et fiers", les manifestants
ont défilé dans le calme, malgré les gestes obscènes et insultes de
petits groupes de contre-manifestants massés sur les trottoirs ;
notamment une cinquantaine de jeunes d'extrême droite.
Des fidèles orthodoxes ont aussi manifesté en psalmodiant des chants
liturgiques, sous une banderole proclamant : "nous sommes pour un monde
plus sain, sans homosexuels".
Ce premier défilé homosexuel à Bucarest, avait reçu le soutien du
président roumain Traian Basescu et de la ministre de la Justice, alors
que la mairie l'avait dans un premier temps interdit, invoquant un
manque de forces de l'ordre. L'homosexualité n'a été décriminalisée en
Roumanie qu'en 2001.
Source : E-llico
L’écume des genres

Popularisés depuis quelques années en France par différents
chercheurs, les principes de la question de genre et du queer étaient
pourtant orphelins de leur œuvre fondatrice,"Gender trouble", de Judith
Butler. Jamais traduit jusqu’alors, ce livre est désormais disponible
en français. Rencontre exclusive avec son auteur.
Par Tim Madesclaire et Julien Picquart
En 1990, Judith Butler, alors jeune philosophe inconnue, publie aux
Etats-Unis "Gender trouble", un livre qui connaît immédiatement un fort
retentissement non seulement dans les milieux féministes — dont elle
propose une critique radicale — mais aussi pour ce qui émergeait comme
la théorie "queer", à savoir une relecture des questions de genre —
gay, lesbienne, transexuel — en rupture avec les discours militants des
années 70 ou 80. Dans son introduction à la réédition de "Gender
trouble" aux USA, Butler s’étonnait, non sans plaisir, de l’impact de
son livre sur les réseaux militants, et se réjouissait qu’il ait pu
servir de fondement à des actions politiques, au-delà de la théorie.
En France, "Gender trouble" est le livre dont tout le (petit) monde des
chercheurs, intellectuels et militants a entendu parler, sur lequel des
pages et des pages ont été écrites, qui a été commenté par un nombre
impressionnant d’auteurs — en particulier les pourtant incompatibles
Didier Eribon et Marie-Hélène Bourcier — mais qui n’avait, étrangement,
jamais été traduit. Pourtant, les références auxquelles fait appel
Judith Butler dans "Gender Trouble" sont pour une grande partie
françaises. Elles constituent un corpus que François Cusset avait
décrit dans un livre, "French theory" (éditions de la Découverte, 2003)
: Foucault, Derrida, Deleuze, Lacan, ont formé un faisceau qui a
traversé l’Atlantique avant de nous être renvoyé comme un rayon laser
frappe une boule disco, diffractant de multiples éclats sur le dance
floor. Butler n’est pas pour rien dans ce "retour à l’envoyeur".
Le texte est bien sûr ardu. Même pour le lecteur averti et peu
paresseux qui, bien que connaissant bien Foucault, Kristeva, Lacan,
Irigaray (il y en a !), risque de décrocher soudain en s’acharnant sur
le "phallogocentrisme", l’envie lui prenant soudain d’aller explorer
quelques parties étranges de son corps sexué. La solution pourrait être
de mettre en place, à sa table de lecture, quelques dispositifs cruels
pour se concentrer, comme une machine à fouet à la Jenny Holzer ou une
stimulation électrique à chaque signe de décrochage. L’autre solution
consiste à commencer par d’autres textes plus abordables de Butler,
conférences, entretiens, qui reprennent largement les idées de la
philosophe qui sait, quand il le faut, "traduire" sa pensée en des mots
clairs et souvent touchants.
Comment vous est venue l’idée que questionner le genre pouvait aussi
concerner d’autres sujets qui étaient bien au-delà du masculin et du
féminin ?
Dans les années 80, je crois, j’avais l’habitude d’aller dans des bars
et j’ai pu y voir un certain nombre de "drag shows". Je me souviens
avoir pensé que certains des "hommes" qui se produisaient là
"interprétaient" la féminité d’une façon qui m’aurait été impossible.
Je participais également à des rencontres féministes à l’université où
j’entendais parler des présupposés hétérosexuels et des désirs de
maternité des "femmes". Je me suis alors rendue compte que je ne
pouvais pas trouver de sens à ces deux mondes. Le problème semblait
bien plus complexe, et dire que les femmes qui étaient "butch" ou sans
enfants étaient "masculines" sans dire comment leur participation à
cette pratique modifiait la masculinité ne suffisait pas. De même, les
hommes qui "interprétaient" la féminité la changeaient aussi. Le genre
m’est apparu comme une catégorie certes intrinsèquement complexe, mais
également comme une catégorie constamment en train d’être produite.
Seriez vous d’accord pour comparer la stratégie du genre au judo, en
particulier lorsqu’il s’agit de lutter contre les discours de haine ?
Je pense effectivement que l’on doit bouger avec et contre certaines
normes sociales, afin de les détourner vers d’autres fonctions. Un peu
comme le "umfunktionierung" dont parlait Brecht. Il pensait que l’on
pouvait s’emparer des symboles de la vie bourgeoise et les réutiliser
pour produire de nouvelles significations.
Vous utilisez souvent l’expression "une vie vivable". Qu’entendez-vous par là ?
Une vie qui permette d’éviter la rage suicidaire. Quand vous vivez dans
une culture qui vous criminalise et vous pathologise en raison de votre
sexualité ou d’une déviance de genre, la tentation de se faire
disparaître est grande. Ma question est : à quoi ressembleraient des
normes culturelles qui permettraient à celles et ceux considérés
jusque-là comme incompréhensibles de s’épanouir un peu ?
Après toutes ces années de travail sur ces questions, quel bilan tireriez-vous de ce que l’on a appelé la "théorie queer" ?
Je pense que la théorie queer continue d’apporter une contribution
importante, en ce qu’elle nous donne un moyen de comprendre les
identifications complexes qui sont à l’œuvre dans la sexualité. Elle
nous permet de problématiser le genre, de sorte qu’on ne le considère
pas comme donné. Et elle nous commande de conceptualiser les relations
entre la sexualité, le genre et le pouvoir selon des termes qui ne
peuvent se réduirent à de simples revendications identitaires. Il faut
également souligner que l’homosexualité structure l’hétérosexualité de
façon que l’on commence juste à comprendre dans les domaines de l’art,
de la littérature, de l’histoire et de la théorie.
Je comprends qu’il puisse y avoir quelques efforts pour
institutionnaliser la théorie queer mais mon sentiment est qu’elle doit
rester une critique de l’institutionnalisation même. Il ne faut pas
oublier que ses origines se trouvent dans des mouvements sociaux tels
que Queer nation ou Act Up. Et ceux-ci ont trouvé leur place et leur
efficacité à travers une forme d’intervention théâtrale, situationnelle
et non routinière. Selon moi, la théorie queer n’est pas une doctrine,
elle doit intervenir d’une manière épisodique et stratégique. Son
passé, son présent et son futur font partie d’un processus historique,
dont la fin est ouverte.
Judith Butler, "Trouble dans le genre. Pour un féminisme de la subversion", La Découverte, 23 euros.
Le sociologue Eric Fassin a préfacé la version française de "Gender
trouble". Nous lui avons demandé en quoi ce livre a influencé son
travail.
"Le travail de Judith Butler m’a été particulièrement utile sur trois
points. En premier lieu, le livre pose dès 1990 la question sexuelle en
termes d’articulation entre genre et sexualité. C’est que Judith Butler
s’inscrit au point de rencontre entre les problématiques féministes,
d’une part, et gaies et lesbiennes, d’autre part : elle prend le parti
de tenir ensemble les deux logiques, sans jamais dissoudre les
questions de sexualité dans celles de genre, mais aussi sans oublier le
genre au profit de la sexualité. Dès le début des années 1990, c’était
le point de tension qui se dessinait aux Etats-Unis (et, en creux, en
France) : cette œuvre m’a aidé à m’y situer de manière plus précise,
plus consciente, plus réfléchie.
En deuxième lieu, j’avais d’abord été intéressé par la possibilité
qu’ouvrait l’ouvrage de formuler une politique minoritaire sans
fondement identitaire, voire contre l’assignation identitaire : cette
perspective critique me paraissait prometteuse, surtout dans le
contexte français, en ce qu’elle permettait de dépasser l’alternative
entre République et communautarisme. En troisième lieu, plus récemment,
son travail m’a aidé à penser le statut des normes dans notre société,
ou dans nos sociétés que j’appellerais "démocratiques". Il est vrai que
Judith Butler se pose la question du sujet (de l’assujettissement et de
la subjectivation) dans la société, comme un enjeu théorique, plutôt
qu’historique ; mais elle n’en pense pas moins à partir d’aujourd’hui.
Or l’incertitude normative permet de penser notre actualité — non pas
un monde où il n’y aurait plus de normes, mais un monde où leur statut
est moins assuré, où il y a du trouble dans l’emprise des normes — ce
qui nous ouvre une marge de liberté".
Source - E-llico
Sao Paulo : 2 millions de personnes à la gay pride
Le président du gouvernement espagnol, le socialiste José Luis
Rodríguez Zapatero, a été élu "Personnalité de l'année" par
l'Association brésilienne de la fierté Gay, Lesbienne et Transexuelle
(ABGLT) de Sao Paulo.
Le Prix de la Diversité a été reçu au nom du chef du gouvernement
espagnol par l'ambassadeur d'Espagne au Brésil, Ricardo Peidro Conde,
dans la nuit de jeudi à vendredi lors de la cérémonie d'ouverture du
Défilé de la fierté Gay qui s’est déroulé dimanche au cœur de Sao Paulo
réunissant plus de deux millions de personnes. Leur principale
revendication était la légalisation de l'union civile des personnes du
même sexe.
Les homosexuels brésiliens veulent faire pression sur le gouvernement
du président Lula, à qui ils avaient décerné l'an dernier l'"Oscar Gay"
du Groupe Gay de l'Etat de Bahia pour qu'il soumette le projet de loi
au Parlement. C'est le Parti des Travailleurs (PT) de Lula qui avait
présenté ce projet il y a dix ans mais il n'a toujours pas été mis à
l'examen au parlement.
Source - E-llico
Femmes
Escale marseillaise de la marche mondiale
Entre 2.500 et 10.000 personnes ont défilé samedi dans la cité phocéenne à l'appel d'une délégation de 25 pays européens et du Maghreb notamment.
Pour son escale en France, la deuxième marche mondiale des femmes, forte de délégations des 25 pays européens et du Maghreb notamment, a rassemblé samedi 28 mai 10.000 personnes selon les organisatrices, 2500 selon la police, presque autant d'hommes que de femmes, dans les rues de Marseille.
Le défilé particulièrement coloré devait effectuer un très long parcours, descendant en particulier toute la Canebière jusqu'au Vieux port, au son de slogans féministes comme "Ni curé, ni rabin, ni imam notre corps nous appartient", "un enfant c'est un choix, un emploi c'est un droit" ou bien encore "non aux violences sexistes, oui aux luttes féministes".
En tête du cortège, où avaient pris place les délégations étrangères, un groupe de jeunes étirait un immense patchwork, "la courtepointe de la solidarité mondiale", des carrés de tissus symbolisant les villes étapes. Celui de Marseille, dessiné par Nicole Guidi, représente un globe et des chaussures ailées.
Immédiatement derrière, un groupe de femmes déployait sur toute la largeur de la rue, le texte de la charte écrit en espagnol, français et anglais, imprimé sur une banderole affichée pour la première fois à Sao Paulo (Brésil), là où la deuxième marche a entamé son périple mondial le 8 mars.
Cette Charte "mondiale des femmes pour l'humanité", adoptée le 10 décembre 2004 à Kigali (Rwanda), représente l'aboutissement d'une démarche collective des mouvements de femmes à travers 163 pays.
Valeurs fondamentales
Elle s'articule autour de cinq valeurs fondamentales égalité, liberté, solidarité, justice et paix et comporte 31 principes essentiels pour construire un monde où "l'exploitation, l'oppression, l'intolérance et les exclusions n'existent plus" et "où l'intégrité, la diversité, les droits et libertés de toutes et de tous sont respectés", selon les organisatrices de l'étape marseillaise.
"Nous avons réalisé ce rêve de donner à ce mouvement de femmes, l'occasion de parler d'une seule voix, ici dans cette ville en face de l'Afrique et du Burkina Faso" (où la marche se terminera le 17 octobre NDLR), a ainsi déclaré Nicole Thuet, en prenant la parole au nom du collectif 13 des droits des femmes et des 47 organisations qui la composent. "Nous ne pouvons commencer cette marche sans penser aux otages" a-t-elle ajouté en évoquant notamment Ingrid Bétancourt, Florence Aubenas et Clementina Cantoni.
"Utopie totale"
De son côté Judith Martin-Razi, coordinatrice du collectif et organisatrice de la manifestation a précisé que la charte, "ce merveilleux texte qui est une utopie totale mais qui dénonce le patriarcat, doit devenir un outil pour créer une nouvelle société née sur une égalité entre hommes et femmes" a-t-elle dit.
Après la manifestation, à laquelle de nombreuses organisations syndicales et politiques de gauche ont pris part, les participants étaient invités à poursuivre jusqu'à dimanche les débats commencés dans la matinée. Avec le but avoué pour le collectif 13 du droit des femmes de "commencer des campagnes et d'interpeller des élus".
dimanche 29 mai 2005
L'editeur des femmes pour les femmes

Les éditions de La Cerisaie publient des livres de femmes à travers trois premières collections :
Les
Ceriselles, la littérature lesbienne : romans,
essais, BD, biographies, etc.
Les
Polardises, la collection de polars au
féminin.
Les
hors collection regroupent les livres féminins et
féministes.
La Cerisaie présente
une image positive de l'homosexualité féminine, en
proposant des personnages bien dans leur peau et dans leur vie. Place
à l'humour, à la légèreté,
à la réflexion, à l'optimisme, aux histoires
d'amour qui se finissent bien et aux montées
d'adrénaline.
http://www.la-cerisaie.com/menu.htm
Procès jacskon, une date pour le jugement
agrandir la photo
SANTA MARIA (AFP) - La défense de Michael Jackson a encaissé plusieurs revers et aborde affaiblie les plaidoiries finales cette semaine, avant que les jurés ne se retirent pour délibérer sur le sort de la star, accusée d'attouchements sexuels sur un mineur de 13 ans.
Depuis le début du mois de mai, les avocats du chanteur avaient réussi à marquer des points en produisant une cinquantaine de témoins aux récits convergents qui présentaient la victime présumée et son frère comme des enfants insupportables et leur mère comme une "professionnelle de la plainte", manipulatrice et cupide.
Mais le procureur Tom Sneddon a frappé un grand coup en obtenant du juge Rodney Melville que les 12 jurés du tribunal de Santa Maria (Californie, ouest) voient vendredi dans son intégralité la vidéo de la déposition du jeune accusateur, filmée par la police en juillet 2003, trois ou quatre mois après les faits présumés.
Dans ce film, dont seuls des extraits avaient jusqu'alors été montrés, l'adolescent, la voix hachée, souvent en pleurs, affirme que Michael Jackson a abusé de lui à cinq reprises. Lorsqu'il avait témoigné le 15 mars, il avait indiqué que Jackson avait abusé de lui au moins deux fois.
Il dit se rappeler d'une fois où Michael Jackson était "vraiment saoul" et lui avait fait également boire de l'alcool. Il se trouvait alors dans le lit de la star dans son ranch de Neverland, à 50 km de Santa Maria.
"Il a attrapé mes parties intimes. Il a mis sa main dans mon slip, il a commencé à me masturber". "Je lui ait dit que je ne voulais pas qu'il fasse cela, il a continué", dit encore le garçon.
"Il m'a dit +il n'y a pas de problème, c'est naturel+", ajoute la victime présumée. "Une fois, il m'a pris ma main et l'a mise sur ses parties intimes, sorties de ses vêtements".
Dans la vidéo, il dit encore qu'il dormait fréquemment dans le lit de Jackson et que ce dernier lui donnait de l'alcool à boire "tous les jours", des "bouteilles de whisky, de vodka et de rhum".
Le procureur Sneddon avait expliqué qu'il comptait sur cette vidéo pour convaincre les jurés de l'authenticité des accusations du garçon. La diffusion de ce film constitue un coup très dur pour les avocats de Jackson, qui s'y étaient opposés.
A la surprise générale, la défense a ensuite renoncé aux contre-témoignages auxquels elle avait droit, ouvrant la voie à la phase des plaidoiries finales, qu'elle semble aborder en mauvaise posture.
"C'était la meilleure conclusion que l'accusation pouvait espérer", a souligné l'expert judiciaire et ancien procureur Craig Smith.
Dès mardi, la mécanique de la défense a eu des ratés, quand l'animateur Jay Leno a démenti avoir été sollicité par la famille du jeune accusateur pour de l'argent. Les avocats de Jackson avaient présenté cette figure populaire de la télévision américaine comme l'un de leurs atouts-maîtres.
Mercredi, la porte-parole de Jackson avait affirmé que ce dernier était prêt à s'adresser directement aux jurés, mais que ses avocats avaient jugé plus utile de ne pas le convoquer à la barre des témoins.
Raymone Bain, se montrant confiante sur l'issue du procès, a indiqué que s'il était acquitté, Michael Jackson ferait en sorte de ne plus jamais se retrouver dans des situations compromettantes avec des enfants.
Lundi étant férié aux Etats-Unis, les audiences devraient reprendre mardi. Un ou deux jours seront consacrés aux discussions entre défense et accusation sur les instructions à donner aux jurés. Ces derniers devraient donc revenir mercredi ou jeudi pour entendre les plaidoiries finales des deux parties, avant de se retirer pour délibérer.
Michael Jackson est accusé d'abus sexuels sur un mineur de 13 ans, de lui avoir fait consommer de l'alcool et d'avoir tenté de séquestrer sa famille. La star, qui nie ces accusations, risque 20 ans de prison.
Source : Yahoo actualités
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